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perspectivesalgeriennes
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Pour mieux comprendre et apprécier la place et le rôle de l'Algérie dans le monde.
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11.03.2008
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Mondialisation

Publié le 11/03/2008 à 12:00 par perspectivesalgeriennes


La Mondialisation : une nouvelle supercherie de l’Occident ?


A l’instar de la mondialisation (je préfère le concept de mondialisme, qui reflète mieux la vision unilatéraliste que l’Occident a actuellement des relations internationales), le colonialisme était présenté, en son temps, comme « une œuvre de bienfaisance ayant une mission civilisatrice et destinée à sortir les peuples colonisés des ténèbres dans lesquelles ils vivaient ».
Il a finalement abouti au pillage et à l’exploitation sauvages des ressources humaines et naturelles de ces pays ; aux massacres, aux génocides et à la négation des identités, des religions et des cultures de leurs peuples.

Aujourd’hui, la mondialisation et ses corollaires, la démocratie et le libéralisme économique et social, continuent à être prescrits comme la panacée aux problèmes dont souffrent les pays en développement d’Asie, d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Europe Centrale et Orientale, malgré les conséquences désastreuses qu’ils ont eu sur la cohésion sociale et la stabilité politique et économique de ces pays, à cause notamment des réformes imposées par le FMI et la Banque Mondiale, dans le cadre des fameux Programmes d’Ajustement Structurel, chers à Michel Camdessus, ancien Directeur Général du FMI.

Les experts occidentaux usent et abusent du concept de mondialisation afin de convaincre les autres pays de « l’inéluctabilité » de ce processus.

Rien n’est moins sûr car la mondialisation, telle que conçue et promue par l’Occident, depuis plus de quinze ans, n’est pas une fatalité mais plutôt une tentative délibérée et bien étudiée de dominer militairement, politiquement et économiquement le monde, après l’effondrement du bloc communiste et de régenter le commerce mondial, à travers notamment l’Organisation Mondiale du Commerce.
C’est, dans son essence, une remise en cause systématique des acquis économiques et sociaux arrachés par les pays du Tiers Monde grâce à la lutte multiforme de longue haleine qu’ils ont menés d’abord contre le colonialisme et ensuite contre l’impérialisme, dans les années 1950 et 1960. Pire encore, c’est, dans sa finalité, une négation de l’Etat-Nation, donc de la souveraineté, de la spécificité civilisationnnelle et de la diversité culturelle et biologique qu’elle implique.

Ainsi, la sacro-sainte liberté de circulation, dont nos parents jouissaient naguère, à travers le monde, est en train de se réduire comme peau de chagrin et se limite pratiquement aujourd’hui aux marchandises, capitaux et services. Celle, qui concerne les personnes, est soumise à des visas, qui sont de plus en plus délivrés ou souvent refusés après moultes difficultés.
Il est vrai, qu’à l’époque les pays européens, qui sortaient de deux Guerres Mondiales effroyables, avaient besoin de main d’œuvre pour reconstruire leurs pays détruits et reconstituer leurs populations décimées.

Par ailleurs, les quelques avantages qui ont été concédés au pays du Tiers Monde après la Conférence de Bandoeng d’Avril 1955, aux plans bilatéral et multilatéral, par les organisations internationales et les institutions financières internationales, communément appelées institutions de Bretton Woods, ont été rognés, l’un après l’autre, à la faveur des réformes que ces organisations et institutions ont subies, ces dernières années ou qu’elles vont subir dans l’avenir.

C’est le cas également du principe de « l’égalité souveraine des Etats » consacré par la Charte de l’Organisation des Nations Unies mais de plus en plus violé par ceux-là mêmes qui sont chargés, en tant que membres permanents du Conseil de Sécurité, de veiller au respect de la légalité internationale, ainsi que du droit reconnu à tous les pays de disposer et développer la technologie nucléaire à des fins pacifiques, aujourd’hui remis en cause grâce à un glissement sémantique sournois, une perversion inquiétante et une extension illimitée de la notion de sécurité à tous les domaines, ce qui multiplie d’autant les motifs d’ingérence dans les affaires intérieures des pays du Tiers Monde en raison, par exemple, de violations des droits humains, de la détention d’armes de destruction massive, de stocks jugés exagérés d’armes conventionnelles, de détention de ressources stratégiques indispensables au fonctionnement des différentes industries des pays développés ( pétrole, gaz, uranium etc …), de la possession de vastes territoires peu peuplés ou de la volonté, voire même de la velléité de vouloir utiliser, comme ils l’entendraient, les énormes capitaux déposés par certains pays dans les banques occidentales.
En outre, les pays occidentaux, détenteurs de l’arme atomique, qui ne se soumettent pas encore aux obligations imposées aux parties au Traité de Non Prolifération et notamment les treize étapes qu’il exige pour l’élimination de cette arme redoutable, par tous les pays qui la détiennent, sous une forme ou une autre, appliquent la politique des « deux poids, deux mesures » et songent même aujourd’hui, à déposséder les autres pays de leurs armes conventionnelles.
La campagne menée actuellement, à travers notamment des ONG comme Oxfam International, Amnesty International et International Action Network on Small Arms pour un Traité international destiné à contrôler rigoureusement le commerce des armes conventionnelles, s’inscrit dans cette perspective.

Par ailleurs, après le triomphe sur l’idéologie communiste, les stratèges occidentaux s’attaquent, depuis quelques années déjà, ouvertement à l’Islam considéré par eux comme le nouvel ennemi stratégique, en raison de l’épanouissement et de l’engouement qu’il enregistre, dans tous les pays du monde, toutes catégories sociales et professionnelles confondues.
Les thèses développées par le Pr Huntington, dans son ouvrage intitulé « Le choc des civilisations » ne sont pas fortuites et l’offensive menée contre l’Islam, de Salman Rushdie au Pape Benoît XVI, en passant par Oriana Fallaci, Michel Houelbèque et les caricatures danoises contre le Prophète Mohamed ( Q SSL) constitue une autre facette de la mondialisation occidentale.
L’islamisme, financé et encouragé, pour ne pas dire créé par l’Occident pour lui servir d’appoint dans sa lutte acharnée contre le communisme, a constitué le prétexte idoine pour attaquer, par la suite, l’Islam, l’accuser de terrorisme et le ternir afin de freiner son expansion naturelle.

Après l’islam, viendra certainement le tour de la Chine et de l’Inde.


Ouverture à l’Est, fermeture au Sud

En dépit des affirmations généreuses de ses initiateurs, le processus de Barcelone s’inscrit également dans la logique de la mondialisation.

Ainsi, grâce aux accords d’association (qui sont en fait de véritables contrats d’adhésion)élaborés unilatéralement et proposés individuellement aux pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, l’Union Européenne ne vise pas moins que la domination de cette partie du monde.

En effet, lancé lors de la Conférence, qui a eu lieu à Barcelone (Espagne), les 27 et 28 Novembre 1995, le partenariat euro-méditerranéen, communément appelé « processus de Barcelone » regroupe les 25 pays actuellement membres de l’Union Européenne (ils étaient 15 à l’époque) et 10 Etats du Sud et de l’Est de la Méditerranée ( Algérie, Tunisie, Maroc, Egypte, Israël, Autorité palestinienne, Jordanie, Liban, Syrie et Turquie. La Libye était exclue de ce processus en raison de son implication dans l’affaire Lockerbie).
Il comporte trois volets : politique, économique et financier, culturel, social et humain et remplace les accords de coopération commerciale et financière qui existaient entre ces pays et la Communauté Economique Européenne, jusqu’en 1996.
Ce projet aspire, entre autres, à rassembler, à l’horizon 2010, les pays membres de l’Union Européenne et les pays de la rive Sud et Orientale de la Méditerranée, dans une Zone de Libre Echange fondée sur le principe de la réciprocité des intérêts et du partage de la prospérité et non plus sur la règle de l’aide-projet, financé à fonds perdus, sur laquelle reposaient les accords de coopération précédents, qui favorisent les concessions commerciales, la coopération financière et l’assistance technique et culturelle.

Les nombreuses opérations d’aide au développement, qui étaient inscrites dans des protocoles financiers quinquennaux, ont permis aux pays du Sud de soutenir leurs efforts de développement mais la Commission Européenne en a fait une évaluation négative pour ses intérêts et a décidé de leur substituer sa « Politique Méditerranéenne Rénovée », qui constitue, selon elle, un saut qualitatif dans les relations entre les pays du Nord et ceux du Sud de la Méditerranée, qui sont désormais considérés comme des partenaires à part entière, avec des droits et des devoirs.

En plus de dix ans d’existence, ce partenariat présente aujourd’hui un bilan jugé, « satisfaisant » par les pays du Nord et « mitigé », par ceux du Sud de la Méditerranée.

Ainsi, toutes les bonnes intentions exprimées et les volontés manifestées, ici et là, par les hommes politiques des deux rives, ne semblent pas avoir résisté aux arguments des technocrates de Bruxelles, préoccupés par leurs seuls intérêts.

En effet, les mesures d’accompagnement (MEDA) du processus de libéralisation des économies des pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, qui ont signé des accords d’association avec l’Union Européenne, prévues par cette dernière au titre des compensations des pertes subies par les partenaires du Sud, en raison notamment du démantèlement de leurs barrières douanières, dans les délais fixés et de la suppression de toutes formes de protection administratives ou fiscales dont bénéficient leurs appareils productifs, ont été distillées au compte-gouttes, quand elles n’ont pas été purement et simplement supprimées pour des considérations d’ordre bureaucratique.
Les fonds MEDA constituent en fait des dons ( environ 10 milliards d’euros, qui devraient être distribués en 10 ans, aux 10 pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, sur la base de la règle : premier arrivé, premier servi ) dont les décaissements obéissent à une procédure jugée lourde et complexe. Seuls quelques pays en ont effectivement tiré profit.

Certains experts européens et des pays du Sud considèrent que ces mesures d’accompagnement sont loin de compenser les pertes engendrées par la suppression du système des préférences existant avant 1996 et soulignent que le libre échange intégral, qui est visé par l’Accord d’association euro-méditerranéen entre des partenaires inégalement développés, a eu des conséquences négatives importantes sur les entreprises publiques et privées des pays du Sud de la Méditerranée, déjà fragilisées par les réformes successives que les économies de ces pays ont subies.
Malgré la relative mise a niveau dont certaines d’entre elles ont bénéficié, la majorité des entreprises des pays du Sud est encore incapable de faire face à la concurrence des produits de leurs homologues du Nord, librement importés et commercialisés.

Si l’Union Européenne encourage et facilite au maximum la circulation des marchandises et les mouvements de capitaux, elle affiche, en revanche, de plus en plus de réticences quand il s’agit de la circulation des personnes, notamment dans le sens Sud-Nord.
Ces restrictions sont devenues drastiques après les attentats qui ont ensanglanté New York et Washington, le 11 Septembre 2001 et Madrid et Londres, respectivement en Mars 2004 et Juillet 2005.

En plus de l’impératif sécuritaire, l’Union Européenne invoque sa législation interne contraignante et ne voit, dans la question de la liberté de circulation que celle relative aux marchandises, aux capitaux et aux services et au problème de la réadmission (expulsion ou extradition) vers leurs pays d’origine des immigrants devenus indésirables ou clandestins, de plus en plus nombreux à débarquer sur les côtes espagnole et italienne.

Avec sa nouvelle « Politique Européenne de Voisinage », l’Union Européenne tente visiblement de revenir sur les concessions octroyées à ses partenaires du Sud de la Méditerranée, desquels elle s’éloigne subrepticement pour s’ouvrir de plus en plus sur ceux de l’Est de l’Europe, dont plusieurs sont déjà devenus membres de l’Union Européenne, qui fournissent une main d’œuvre qualifiée à bon prix et qui offrent surtout l’avantage d’appartenir à la même sphère culturelle et cultuelle.

Que faire ?

Ce n’est certainement pas en se bousculant au portillon de la Maison Blanche pour s’y livrer à une surenchère stérile afin de recevoir la bénédiction des néo-cons, qu’on arriverait à convaincre les tenants du Nouvel Ordre Mondial à mieux respecter nos intérêts. Bien au contraire, c’est la meilleure manière de les encourager dans leur attitude arrogante et belliqueuse car lorsqu’ils décident, pour une raison ou une autre, de mettre un pays dans leur collimateur, ils choisissent généralement le plus vulnérable militairement, politiquement et socialement. Les régimes, qui ont une assise populaire réelle, comme Cuba, le Venezuela, la Corée du Nord et l’Iran actuellement, sont généralement épargnés, malgré toutes les pressions diplomatiques, économiques et même militaires exercées sur eux.

Afin de réduire leur vulnérabilité, sur les plans intérieur et extérieur, les pays du Tiers Monde devraient s’atteler à réaliser les objectifs suivants :



1° Sur le plan interne

-Atténuer leur dépendance alimentaire, économique, financière, industrielle, technologique et énergétique grâce notamment à une bonne gouvernance et à une gestion transparente et intelligence de leurs ressources humaines, financières et naturelles ;

-Instaurer les mécanismes de mise en œuvre effective de la justice sociale par une juste répartition du revenu national, aussi maigre soit-il, en vue de réduire à leur plus simple expression les maux et fléaux qui minent généralement nos sociétés ;

-Favoriser l’émergence ou la consolidation de la classe moyenne ; nécessaire à l’équilibre de la nation ;

-Eduquer et bien former la jeunesse dans le cadre d’un système éducatif national rénové et d’universités et de centres de formation dotés d’un encadrement compétent et d’un équipement pédagogique moderne, en complétant cette formation par l’envoi d’étudiants dans les meilleures écoles et universités du monde ;

-Associer la diaspora vivant à l’étranger à l’effort de développement national en intéressant les compétences expatriées par des emplois bien rémunérés. Ce qui leur éviterait de recourir à la coopération technique étrangère très coûteuse ;

-Encourager l’émergence de médias, d’ ONG et d’une société civile indépendants et leur permettre de jouer un rôle réel dans la consolidation de la cohésion et la stabilité nationales ;

-Vulgariser l’utilisation de l’outil informatique en le rendant accessible à tous ;

-Sensibiliser la population aux enjeux stratégiques de l’environnement et à sa préservation ;

-Prendre en charge les soins de base pour assurer, à des tarifs accessibles à tous, une meilleure santé publique et, partant du principe universellement connu « un esprit sain dans un corps sain », généraliser la pratique de l’éducation physique et sportive. Dans deux ou trois décennies de nombreuses populations, d’Afrique notamment, seront décimées par le SIDA et la malaria.

2° Sur le plan extérieur

-Revitaliser le Mouvement des Pays Non Alignés, en le dotant d’un programme d’actions clairement définies. Cet objectif stratégique a été souligné par les Chefs d’Etat et de Gouvernement qui ont participé au XIVième Sommet du Mouvement des Pays Non Alignés, tenu à La Havane (Cuba) du 11 au 16 Septembre 2006 ;

-Favoriser la coopération et la solidarité Sud-Sud, dans tous les domaines et créer les mécanismes pour les faciliter et transcender les problèmes éventuels auxquels elles pourraient être confrontées ;

-Face aux pays industrialisés regroupés et adoptant des positions concertées, les pays du tiers Monde doivent renforcer leur rôle et leur place au sein des organisations internationales, régionales et sous-régionales afin de mieux défendre leurs intérêts politiques, diplomatiques et économiques notamment contre la détérioration continue des termes de l’échange ;

-Multiplier les organisations du type OPEP, afin de pouvoir exporter leurs produits de base à leurs justes prix, négociés avec les clients et non pas imposés par eux ;

-Les pays arabes et musulmans gagneraient à réformer leur vieille Ligue ainsi que l’Organisation de la Conférence Islamique pour leur permettre de mieux défendre leurs intérêts diplomatiques, politiques, économiques et culturels bafoués par les pays occidentaux ;

-Plus elle est légère (au maximum une dizaine de pays), mieux une organisation est efficace et opérationnelle, dans un monde ou la célérité d‘exécution des décisions est capitale ;



En tout état de cause, parce qu’elle constitue une fausse promesse mais une vraie supercherie qui vise, ni plus ni moins, qu’à accroître la vulnérabilité et la dépendance multiforme de nos pays, la mondialisation est dangereuse pour leur sécurité voire même leur existence en tant qu’Etats-Nations, dont elle cherche à réduire les attributs traditionnels et la compétence souveraine sur leur devenir politique et sur leurs ressources humaines et naturelles.

A ce titre, la mondialisation, qui a déjà ses guerres, ses génocides et ses camps de concentration, doit être vigoureusement refusée, dans ses formes et conditions actuelles, à l’instar du Traité constitutionnel, élaboré par Bruxelles et rejeté par certains pays européens en raison de l’uniformisation qu’il veut imposer à leurs institutions les plus emblématiques.

R.T.



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Révision constitutionnelle

Publié le 11/03/2008 à 12:00 par perspectivesalgeriennes

La réforme constitutionnelle, entre tabous et réalisme


Le débat sur la réforme constitutionnelle, en général et sur le nombre de mandats présidentiels, en particulier, a toujours eu lieu entre les constitutionnalistes, les hommes politiques et les citoyens, dans les pays qui ont choisi le modèle démocratique comme mode de gestion de leurs affaires.


Le fonds politique, culturel et religieux sur lequel repose l’argumentaire présenté par de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement de pays du Tiers Monde, pour justifier leur désir d’effectuer un troisième mandat, afin de « parachever » leur œuvre, est riche et varié.

Ces référents historiques et le « goût d’inachevé », laissé par deux mandats successifs jugés insuffisants, les ont amenés à ouvrir, directement ou indirectement, par partisans interposés, ce débat et, forts de leur position, à obtenir satisfaction. Le cas d’Obasanjo étant l’exception qui confirme la règle car le Sénat nigérian a rejeté un projet de réforme de la Constitution visant à l’autoriser à briguer un troisième mandat.

Il est vrai, qu’il n’a pas toujours été ainsi puisque leurs illustres prédécesseurs « élus » pouvaient, jusqu’au début des années 199O, prétendre à autant de mandats que les rapports de force, qui sous tendaient leur pouvoir, le leur permettaient. Ce sont effectivement les bouleversements engendrés par la chute du mur de Berlin qui ont permis l’émergence de nouvelles règles du jeu, sur les plans interne et international et que nos pays, en pleine transition politique et mutation économique et sociale, ont reproduites, parfois sans grande conviction, dans nos Constitutions respectives. Parmi ces dispositions, figure celle relative à la limitation à deux du nombre de mandats auquel toute personne pourrait aspirer, si elle était élue à la tête de son pays.
L’un après l’autre nos pays ont succombé aux charmes du libéralisme ambiant.

La protection de nos jeunes démocraties contre d’éventuelles tentations et dérives contraires à l’esprit démocratique, qu’elles pourraient engendrer, le souci de favoriser l’alternance au pouvoir entre les différentes forces vives de la nation et d’atténuer les effets pervers de « la dictature de la majorité » constituent les raisons essentielles de la présence d’une telle disposition dans nos Constitutions.

En effet, plusieurs pays africains, asiatiques et latino-américains notamment ont adopté massivement cette disposition ainsi que celles relatives au respect des droits de l’homme, des principes démocratiques du pluralisme et de l’Etat de droit afin d’assurer une bonne gouvernance de leurs pays, qui est devenue une des conditionnalités majeures imposées par leurs partenaires développés ainsi que par les différentes institutions économiques et financières internationales avant d’établir le partenariat proposé dans des cadres bilatéraux ou multilatéraux.
Ressenties donc, à la fois, comme une nécessité intérieure et une exigence extérieure, ces dispositions constitutionnelles ont commencé à apporter les fruits attendus, à savoir, la mise en place des conditions objectives pour l’instauration d’une vie politique dynamique, qui a été malheureusement obérée par des réformes économiques draconiennes, qui ont eu des conséquences sociales dramatiques et notamment celles entreprises dans le cadre des fameux programmes d’ajustement structurel.
Les réticences de nos partenaires industrialisés et des institutions financières internationales à honorer leurs engagements ont précipité la crise dans laquelle la plupart de nos pays se débattent encore.
Le libéralisme économique total prôné par ces partenaires apparaît de plus en plus non pas comme la panacée mais comme le problème réel. Ayant établi ce « constat d’échec » la CNUCED propose aux pays du tiers Monde de revenir au « dirigisme » économique.
Par ailleurs, cette désillusion économique et sociale va conduire les pays en développement à demander à être libérés des contraintes subies du fait des conditionnalités qui leur avaient été imposées par leurs partenaires développés et à revenir à des politiques empreintes d’une plus grande dose de dirigisme politique et économique et de justice sociale.
Les pays d’Amérique Latine ont été les précurseurs en la matière puisque ceux d’entre eux où les partis de gauche sont déjà au pouvoir ou pourraient y accéder, à court et moyen terme, sont de plus en plus nombreux.
En outre, après une expérience libérale socialement désastreuse, plusieurs anciens pays de l’Est et du Centre de l’Europe ont également confié leur destin aux ex-partis communistes, écartés du pouvoir , dans les années 1990 et voués aux gémonies.
« La mondialisation a échoué » titrait récemment, à la une, l’hebdomadaire britannique « The Economist ». L’impasse dans laquelle se trouve le cycle de Doha en est la preuve éclatante.
Cette remise en cause politique et économique progressive de la prééminence du modèle
ultra-libéral a également eu comme conséquence directe de permettre aux pays en développement de se réapproprier totalement leur souveraineté bafouée par différentes contraintes et conditionnalités induites par leur ouverture tous azimuts.
Les dirigeants des pays latino-américains, africains, et asiatiques veulent de plus en plus gérer leurs pays selon des critères certes démocratiques mais modulés à leur réalité nationale et à leur niveau de développement économique et social et non pas en appliquant mécaniquement une « orthodoxie » politique, économique, monétaire et sociale ruineuse.
Les injonctions de leurs « partenaires » développés, des ONG ou des institutions internationales sont de moins en moins suivies docilement.

L’ancien président américain, M. Bill Clinton qui, malgré « l’affaire » Monica Lewynski, a achevé son deuxième mandat avec un taux de popularité dépassant les 60% ( Bush atteint actuellement à peine 30% ), s’est déclaré, à plusieurs reprises, en faveur d’un troisième mandat et a appelé à l’amendement de l’article 22 de la Constitution américaine, qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux.
Il trouve, par ailleurs, « absurde et injuste » d’empêcher le peuple ( américain ) de choisir, autant de fois qu’il le souhaite, un Président, dont il a encore majoritairement confiance.

Ce n’est pas l’avis du poète mexicain, prix Nobel de littérature, en 1990, M. Octavio Paz, qui a dénoncé la domination de la vie politique mexicaine par le PRI et qui a déclaré dans des interviews accordées aux quotidiens « Excelsior » et « La Jornada » que quand ils dépasse dix ans au pouvoir , un dirigeant, quelles que soient ses capacités physiques et intellectuelles, entame le compte à rebours et pourrait d’un jour à l’autre, voire d’une heure ou d’une minute à l’autre, par un retournement mystérieux de la situation, tout perdre. C’est ce qu’il a appelé « la malédiction du mandat de trop ».

Beaucoup de Chefs d’Etat et de Gouvernement de pays développés ou en développement en ont fait l’amère expérience.

D’autres, par contre, n’ont pas cédé au chant des sirènes qui les entourent et ont résisté à une tentation, certes humainement compréhensible mais politiquement périlleuse.
C’est le cas notamment de Nelson Mandela, qui après avoir accompli un seul mandat, s’est retiré au profit de M. Thabo Mbeki.
Il ne continue pas moins à exercer une autorité morale incontestable dans son pays et dans le monde.

Il est donc difficile d’établir des critères prédéterminés valables et applicables à tous les pays.

Ce sont les valeurs morales, économiques et sociales intrinsèques et leur réalité politique qui déterminent un choix plutôt qu’un autre.

Les règles juridiques et constitutionnelles étant établies par des hommes, d’autres hommes pourraient donc, le cas échéant, les modifier pour les adapter aux nouvelles exigences et faire bénéficier leur pays de toutes les opportunités qui s’offrent à lui.
Les tabous ne doivent pas résister au réalisme et au pragmatisme que toute gestion rationnelle d’un pays exige.

R.T.

Réconciliations nationales

Publié le 11/03/2008 à 12:00 par perspectivesalgeriennes
Réflexions sur quelques expériences de réconciliation nationale

Homo homini lupus
( L’homme est un loup pour l’homme)
Plaute


Crise ou Guerre-Négociation-Trêve ou Paix-Réconciliation-Reconstruction-Développment-Sensation de puissance-Tentation de domination-Crise ou Guerre et ainsi de suite…

En effet, la lutte pour le pouvoir, souvent violente, permet aux plus forts du moment, qui ne représentent pas toujours la majorité, de s’imposer aux autres membres de la société, par les urnes, par l’épée ou le fusil. Dans les deux cas, il en résulte une frustration, une amertume, des rancoeurs ou des rancunes difficiles à taire, qui amènent les vaincus à contester, pacifiquement ou violemment, cette « victoire », ce fait accompli et à s’opposer à toutes les initiatives émanant des tenants du pouvoir. Les éléments de la crise ou de la guerre s’accumulent peu ou prou et ce processus serait d’autant plus rapide si aucun dialogue n’était établi entre les deux parties.
Un processus de réconciliation, mené dans la transparence et un esprit de justice sociale, renforce considérablement l’unité, la stabilité et la cohésion nationales.

Les historiens ont recensé presque autant d’expériences de réconciliation nationale qu’il y a de pays dans le monde. Certains pays en ont même connu plusieurs au cours de leur histoire.
Ces réconciliations sont nationales, internationales, bilatérales, multilatérales, horizontales, verticales, croisées, menées sous l’égide d’organisations internationales, régionales ou sous-régionales, d’organisations non gouvernementales, de l’Eglise ou de personnalités internationales.
Les commissions, qui sont chargées de les mettre en œuvre, portent des titres variés comme Vérité et Réconciliation, Vérité et Justice, Réconciliation et Unité, Equité et Réconciliation etc…
Les prérogatives de ces commissions sont globalement les mêmes. L’Encyclopédie Wikipédia en donne la définition générale suivante :
« Une Commission de la Vérité et de la Réconciliation ( CVR) est une juridiction mise en place après une période de dictature ou de répression. Elle œuvre dans un esprit de réconciliation nationale. Les victimes sont invitées à s’exprimer devant un forum afin de leur permettre de retrouver la dignité. Quant aux auteurs d’exactions, ils sont appelés à avouer leurs forfaits et à se repentir devant les victimes ou familles concernées ».

En Afrique, l’exemple sud-africain est le plus édifiant.

En effet, créée en 1995 et présidée par l’archevêque anglican Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix, auteur du livre « Il n’y a pas d’avenir sans pardon : comment se réconcilier après l’apartheid » Albin Michel 2000, la Commission de la Vérité et de la Réconciliation sud-africaine avait pour mission principale de faire le bilan, aussi complet que possible, des violations graves des droits de l’Homme en Afrique du Sud, sous le régime de l’apartheid.
Elle est composée d’une équipe pluridisciplinaire répartie en trois comités : Violations, Amnistie et Réparation.
Cette Commission a globalement atteint ses objectifs car elle a permis de rendre justice aux victimes et à leurs parents, qui ont accordé leur pardon à leurs bourreaux ou à ceux de leurs enfants et ces bourreaux ont payé le juste prix de leurs exactions ou crimes avant d’être réintégrés dans la communauté.

La Commission de la Vérité et de la Réconciliation n’a pas accordé d’amnistie générale mais l’amnistie a été demandée individuellement par chaque bourreau, après avoir avoué les abus, exactions et crimes dont il a été coupable, exprimé des remords publiquement et obtenu le pardon des victimes.
Les coupables ne prennent pas les réparations en charge. Ces dernières incombent au Gouvernement sud-africain.
Les expériences menées par d’autres pays africains n’ont pas été toutes aussi heureuses.
Si dans certains cas, ce processus, pour des raisons objectives endogènes et exogènes, traîne encore en longueur et les espoirs qu’il avait suscités virent à la désillusion, dans d’autres, il a tout simplement lamentablement échoué, malgré les tapages médiatiques qui l’ont précédés ou accompagnés. La non adhésion des peuples de ces pays à ce processus en est la principale cause. Cet échec a élargi la fracture entre les protagonistes des crises qui secouent ces pays.
Au Ghana, par exemple, le rapport final de la Commission de la Réconciliation Nationale propose l’amnistie de prisonniers et l’effacement des peines encourues pour atteintes aux droits de l’Homme et des exactions commises par « les régimes inconstitutionnels », entre 1957 et 1993, date des premières élections démocratiques.
Le Président ghanéen a accepté de présenter des excuses officielles aux victimes de violations des droits de l’Homme, commises sous les règnes de ses prédécesseurs durant cette période, d’indemniser les victimes, de les accompagner durant la période de réadaptation et de faire dispenser des cours sur les doits de l’Homme à la police, aux juges, aux militaires et aux fonctionnaires.
Par ailleurs, les processus de réconciliation nationale menés cahin-caha, directement ou indirectement, entre les principaux acteurs des crises et conflits au Zimbabwé, en République Démocratique du Congo, au Rwanda, au Burundi, en Côte d’Ivoire, à Madagascar, aux Comores, au Togo, au Mozambique , en Angola, en Ouganda, au Libéria , en Sierra Leone , en Somalie et au Soudan, semblent, pour certains d’entre eux du moins, s’enliser sans espoir de solution durable, à court ou moyen terme.
La responsabilité de l’échec est souvent partagée car pour aboutir, un processus de réconciliation doit faire l’objet d’un consensus et non pas être décidé unilatéralement. Ne dit-on pas que pour se réconcilier, il faut être au moins deux et mus par une réelle volonté d’éliminer les causes génératrices de tensions, crises et conflits.
La réconciliation est donc l’aboutissement d’un processus et le départ d’un autre.
Cette transition ne peut pas être établie correctement si le pays n’est pas stable politiquement, économiquement et socialement et si les conditions objectives d’une paix durable ne sont pas réunies même si chaque processus de réconciliation évolue dans un contexte intérieur et extérieur spécifique à chaque pays africain et qui détermine son succès ou son échec.

C’est le cas notamment de plusieurs pays d’Asie et d’Amérique Latine, qui ont connu des processus de réconciliation nationale inachevés, en raison des résistances que ces processus, théoriquement irréprochables subissaient de la part de forces hostiles, désireuses de perpétuer l’impunité ou le monopole de la vie politique et économique qu’elles détenaient ou détiennent encore.
Certains parmi eux ont beaucoup souffert de conflits sanglants, qui se sont soldés comme ceux que des pays africains ont vécus, par des pertes humaines et matérielles considérables que les processus de réconciliation mis en œuvre n’ont pas pu, hélas, régler durablement.
Les crises et conflits que des pays comme le Cambodge, l’Afghanistan, le Sri Lanka, le Guatemala, le Salvador, le Nicaragua, la Colombie, le Chili, la Bolivie, le Pérou, l’Argentine, le Brésil , le Mexique ou Haiti ont connus, entre 1960 et 2000, sont terribles, ont décimé leurs populations et ruiné leur économie.
Ils n’ont pas laissé indifférentes les organisations internationales, régionales, sous-régionales, les différentes ONG et même l’Eglise, qui ont aidé certains de ces pays, qui aspirent à la réconciliation, au développement, à la justice sociale et au règlement des différends internes et externes par le dialogue et la négociation, à mener à bien leur processus de réconciliation nationale et les réformes, qui en découlent, à travers notamment la mise en place de mécanismes adéquats destinés à favoriser le processus d’intégration nationale et régionale et à faciliter la réconciliation nationale, après le passage de la dictature à la démocratie en Amérique Latine notamment, dans les années 1980. Mais ces processus ont été souvent contrariés par l’absence de volonté politique réelle, la corruption des systèmes judiciaires chargés de les mettre en oeuvre, les entraves devant les enquêtes visant à établir la vérité et parfois même par « le jeu trouble » des Etats-Unis voisins.
Ainsi, des commissions Vérité et Justice ont été créées en Bolivie (1982), Argentine(1983), Chili(1990), Salvador(1992), Guatemala(1994) et Haiti(1994).
Les membres des juntes militaires, qui ont dirigé l’Argentine entre 1976 et 1982 ont été jugés, condamnés puis graciés en vertu de la Loi d’amnistie de 1987.
Au Chili, la Commission Vérité et Réconciliation s’est contentée d’ informer les familles des victimes du sort subi pars leurs enfants. Une amnistie générale protège le Général Augusto Pinochet, principal instigateur du coup d’Etat perpétré en 1973 contre le Président Salvatore Allende.
Le processus de réconciliation a été constamment entravé par l’Armée chilienne.
Pour d’autres pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique Latine, ce sont leurs conditions économiques et financières difficiles, aggravées par des fléaux sociaux importants, qui ont contrarié leurs processus de réconciliation nationale et rendu impossible leur mise en œuvre.
Enfin, certains parmi ces pays, notamment d’Amérique Latine doivent mener de front une double réconciliation nationale : la première dans le cadre de la lutte pour le pouvoir et la seconde vis-à-vis des minorités, parfois majorités, politiquement, économiquement et socialement tenues à l’écart. Il s’agit en l’occurrence des « minorités » indiennes , qui sont majoritaires en Bolivie, au Guatemala et au Pérou et minoritaires dans la plupart des autre pays d’Amérique Latine.

Pour leur part, à cause des différents conflits internes et externes qui ont secoué leur continent, les pays européens ont eu à mettre en œuvre des processus de réconciliation nationale et internationale destinés à panser les blessures provoquées par ces crises et conflits.
En nous limitant seulement au XXième siècle, nous citerons les deux guerres mondiales, la guerre civile espagnole ainsi que les crises et conflits armés qui ont secoué de nombreux pays d’Europe occidentale, orientale et centrale et engendré la mort de dizaines millions de personnes.
Grâce à l’édification de l’Union Européenne, les pays européens sont en train de transcender intelligemment leurs profondes contradictions internes et avec leurs voisins et de créer les conditions objectives pour une réconciliation nationale et régionale authentiques visant à aplanir irréversiblement leurs divergences.
La réconciliation franco-allemande a montré la voie à suivre.
Après s’être réconciliée avec son histoire, franquiste notamment, l’Espagne n’a pas hésité à se réconcilier avec son passé lointain en faisant acte de repentance pour l’Inquisition menée impitoyablement contre les arabes et les juifs d’Andalousie notamment, après la chute de Grenade en 1492, pour la conquête sanglante de l’Amérique latine et pour les controverses aberrantes qu’elle a engendrées, comme celle qui a lieu à Valladolid notamment.
Ainsi, le 22 novembre 2002, 28ième anniversaire de la mort du général franco, qui a régné sur l’Espagne de 1940 à 1974, les Cortés, Parlement espagnol, ont voté, à l’unanimité, une déclaration institutionnelle qui condamne le soulèvement militaire du 18 juillet 1936 contre la République. Cette condamnation officielle du franquisme confirme la réconciliation des Espagnols. Les victimes du franquisme réclament justice et réparation.
La réussite de la réconciliation et de la transition politique espagnoles est devenue un modèle pour les pays d’Europe orientale et centrale et d’Amérique Latine.

Les pays d’Amérique du Nord ( Etats-Unis et Canada ) , l’Australie et la Nouvelle Zélande ont mis en œuvre des processus de réconciliation vis-à-vis des minorités indiennes, aborigènes, autochtones , indigènes, noires , latino-américaines et culturelles vivant dans ces pays.
Des mesures politiques, économiques et sociales visant à favoriser leur pleine intégration à la communauté nationale sont prises par les gouvernements de ces pays dans le cadre de cette réconciliation et des structures spécifiques pour le suivi de ces mesures ont été créées comme le «Native Title Act » et l’«Australian Reconciliation Convention » ( Australie ), la « Royal Commission on Aboriginal People » ( Canada ) et le « Waitangi Tribunal » ( Nouvelle Zélande ).
Qui ne se souvient pas de ces tribus Sioux et Apaches massacrées par la Cavalerie pour avoir osé défendre la terre de leurs ancêtres, la faune et la flore qui la peuplent. Leurs descendants ont été minés par le tabac, l’alcool et la drogue. Les Noirs ramenés de force d’Afrique dans le cadre de la traite des Noirs, ont subi le même sort de la part du Ku Klux Klan et d’ autres sectes, qui sévissaient impunément jusqu’aux années 1960.
Le Mc Carthysme et la chasse aux sorcières communistes qu’il a provoqué dans les années 1950 et 1960 ont également contribué à élargir la brèche entre les différentes communautés constituant la nation américaine et que seule une réconciliation juste et sincère pourrait atténuer et colmater.

Enfin, les pays arabes, qui ont connu de nombreuses crises et guerres intérieures, ont également initié des processus de paix et de réconciliation, qui ont plus ou moins réussi à leur permettre de sortir de ces situations difficiles.
Beaucoup a été dit sur les expériences libanaise, jordanienne , marocaine, algérienne et irakienne notamment même si leurs résultats restent encore globalement mitigés et pourraient connaître des évolutions imprévisibles.
Au Maroc, par exemple, l’Instance Equité et Réconciliation, mise en place par le Roi Mohamed VI, en 2004, vise, à travers le bilan « des années de plomb » et un travail de mémoire, à encourager l’édification de l’Etat de droit. Certaines ONG internationales et des pays occidentaux encouragent cette démarche, qui vise le renforcement de la Démocratie et des droits de l’Homme au Maroc, dont la réputation a été ternie par les prisons secrètes de feu le Roi Hassan II.
Dans un appel, lancé récemment, le Pape Bênoit XVI a déclaré que « la réconciliation nationale est un élément essentiel pour la reconstruction humaine et sociale au Liban ».
La réconciliation s’étendra-t-elle aux anciens de l’Armée du Sud Liban ( ALS ), qui ont collaboré étroitement avec Israël durant toute son occupation du Sud du Liban ?
L’ancien leader de Kataeb et jugé criminel de guerre, Samir Geagea a été libéré en vertu de la Loi d’Amnistie votée par le Parlement libanais, en juillet 2005.

En Irak, le processus de réconciliation nationale, mis en œuvre récemment, est fortement soutenu par le Gouvernement irakien, ses alliés de la coalition et plus de 6OO chefs tribaux irakiens. Mais l’occupation du pays par des forces étrangères et la farouche résistance qu’elle suscite rendent difficile la conduite de ce processus, malgré le pacte d’honneur signé par les principales forces vives de ce pays miné par une guerre civile meurtrière, qui fait une centaine de victimes par jour.

En Algérie, la réconciliation nationale, telle que définie dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, n’est pas venue ex nihilo mais est plutôt l’aboutissement d’un long processus pour une alternative crédible et viable à la violence qui sévit dans le pays depuis 15 ans et à la force, qui ont constitué le principal moyen pour conserver ou accéder au pouvoir.
A l’instar des processus mis en œuvre dans d’autres pays le « modèle » algérien n’est pas parfait, loin s’en faut, mais il a l’ambition clairement avouée de trouver une sortie définitive à la crise multidimensionnelle qui a considérablement affaibli notre pays et profondément traumatisé les algériens.
C’est précisément pour cela qu’il a eu le soutien de la majorité du peuple et de la classe politique algériens, qui ont hâte de récréer toutes les conditions objectives pour un fonctionnement normal du processus démocratique, mis en œuvre en 1989, afin d’assurer une alternance au pouvoir salutaire et vitale pour l’Etat de droit, la démocratie et la bonne gouvernance dont la crise a entravé l’évolution naturelle.
A ma connaissance, il n’est pas de réconciliation qui ne fût douloureuse.
Des criminels avérés ont été absous en son nom et nous ne pouvons pas faire autrement, si nous voulons tourner la page de la crise, une fois pour toutes.

R.T.